
Le 2 Mai 2006, les élèves de la grande section maternelle de l'école d'Hériménil (53) nous ont envoyé leur message à destination du Président de la République ainsi que leurs dessins représentant les exclu-e-s de l'éducation disant "Je veux aller à l'école".
Un grand merci à eux et à leur enseignant pour leur participation.
Rimbaulde
J'ai 28 ans
Je réside en France
J'enseigne l'Histoire géographie à de classes de collège.
Dans ma classe, j'ai 30 élèves.
J'enseigne 19 heures par semaine.
Mais je double ce temps de travail à la maison (en préparations, corrections...) et je passe beaucoup de temps dans mon établissement (réunions pédagogiques, heures d'écoute pour les élèves...)
J'ai bénéficié d'une formation initiale d'une durée de 2 ans (IUFM)
Je suis en activité et titulaire de mon poste.
Je peux dire que j'enseigne dans des conditions favorables à l'efficacité de l'enseignement et l'apprentissage et j'utilise du matériel pédagogique tel qu'un vidéo-projecteur, des cartes...
Ma carrière comporte des perspectives d'avenir en termes d'avancement et de salaire mais hélas il y a peu d'espaces d'ouverture prévus pour enrichir mon expérience professionnelle et ma pratique en classe (exemples : stages à l'international, ouverture au milieu culturel, à l'éducation populaire...) Nous restons trop cantonnés à notre tâche éducative et au milieu scolaire finalement très fermé sur lui même
J'ai la sécurité de l'emploi et même en France , c'est une chance énorme . J'ai la possibilité de me syndiquer librement, pourtant je ne fais pas partie d'un syndicat parce que je ne me sens pas suffisamment représentée par les syndicats qui se représentent d'abord eux-mêmes...
Je n'ai pas le sentiment que mon opinion est prise en compte par mon ministère parce que les réformes viennent toujours du haut, on est seulement associés après à grand renfort de communication ; on est des "exécutants" du Ministère et du Conseil National des Programmes (et de plus la cible des gros éditeurs scolaires qui ne nous considèrent pas comme des partenaires associés... )
J'aime mon métier parce que j'adore voir les yeux des élèves briller de curiosité, de découverte ou de satisfaction devant une tache accomplie. Les élèves sont mon premier moteur (bien avant les "avantages" du métier ) et les seuls à vraiment m'apporter de la reconnaissance (ou du moins la seule qui me donne vraiment l'énergie de continuer...)
Certes, ils ne sont toujours un public facile mais justement ils sont un public exigeant à captiver, demandant sans cesse de se renouveler, de s'adapter (pour moi, première qualité d'un enseignant) ils vous donnent à vous connaître (et vos limites !) et à vous remettre en cause car ils sont à un âge qui évolue vite, en perpétuelle recherche de leur identité... et de leurs marques. On fait partie de ces marques, c'est là qu'est le plus beau de ce métier mais aussi le plus dur, le plus bancal...
J'aime aussi ce métier car, au fond, même si je le trouve usant au jour le jour (PS De l'utilité des vacances scolaires...) je me sens à ma petite échelle utile, surtout quand on donne le goût de l'effort, de la connaissance, de l'avenir... à des enfants qui ont une vie et un quotidien des moins aisés, avec un soutien ou un environnement social, culturel limité (au quartier, à la télé, au chômage des parents...) Et puis j'adore la sagacité, l'humour, le franc parler de ces petits ados ... qui construisent leur sens critique grâce à l'école !
Il faut dire aussi que l'enseignement, je suis tombée dedans toute petite et je suis fière d'appartenir à cette lignée des hussards de la République, qui aujourd'hui... toujours doivent militer pour la sauvegarde d'une éducation publique laïque de qualité ! Et souvent quand je prends la craie, je pense à ma grand mère qui faisait également ce même geste, qui n'est plus de ce monde mais qui même à la fin de sa vie ... était d'un dynamisme fou et si captivante quand elle expliquait!
Les difficultés que je rencontre dans le cadre de ma pratique:
Elles sont plus d'ordre institutionnel, ou administratif ; il faut être très motivé et sans cesse se battre (avec l'administration, intendance, rectorat...) pour mettre en place un projet (surtout quand il ouvre l'école sur l'extérieur...) trouver quelques moyens de faire découvrir aux élèves des lieux nouveaux (sortir de leur quartier) (la vente des petits pains n'est qu'une triste caricature !) obtenir des heures « communes » avec les collègues des autres disciplines (pour monter un projet pédagogique, et non pas un complot contre l'administration ni une révolution syndicale ! )
Alors les premières années on se bat comme un fou, on fait plein de choses (en prenant beaucoup sur notre temps perso) projets, clubs... et puis, on se fatigue au fil des années du manque de retour et de considération de l'ensemble des équipes dirigeantes qu'il faut toujours convaincre ! N'est ce pas là qu'il faudrait ouvrir davantage l'école, la formation des enseignants, pour qu'ils retrouvent l'énergie d'insuffler du nouveau dans leur classe ?? !!
Mon message au Président de la République:
L'éducation et la coopération internationale sont nos impôts, notre contribution citoyenne à la bonne marche de l'état mais aussi à son engagement au delà...pour un développement mondial durable... Vous savez Monsieur le Ministre, cette notion que vous avez ajoutée à nos programmes (de façon obligatoire) car c'est un mot à la mode ! Eh bien c'est plus qu'un concept ou une mode, c'est une idée éclairée à mettre d'urgence en oeuvre ! Utilisez les moyens financiers de l'état et de vos chers contribuables pour cet essentiel qu'est l'Education, pilier du développement.
Comment ? Non pas en finançant la diaspora des élites africaines dans les universités françaises (si encore ils avaient des possibilités d'emploi durable après...) mais en contribuant au renforcement de l'éducation (et des éducateurs, par leur formation, par des salaires motivants ...) sur le terrain, en soutenant l'éducation pour tous !
Mon message à mes collègues enseignants du monde :
Les portraits de mes collègues malgaches, congolais... lus sur ce blog me rendent si humble face à ma situation d'enseignante privilegiée que je ne peux que leur laisser un message de solidarité empli d'admiration pour le courage dont ils font preuve chaque jour. Je les remercie pour cette tâche immense qu'ils accomplissent à leur si petite échelle avec si peu de moyens...
Et vous, Monsieur Chirac, leurs témoignages, ça vous laisse de marbre ?

Depuis quelques jours, nous reçevons des cartes postales, adressées au Président de la République, de la part des élèves de la classe de CM1 de l'école de Beauvoisin (Gard). Nous les remercions chaleureusement, ainsi que leur enseignant, pour leur initiative citoyenne, témoignage d'un réel engagement solidaire. Par ailleurs, nous veillerons à ce que ces messages soient transmis à leur destinataire, le Président Jacques Chirac.
Message de Pauline :
Monsieur le président, je vous écris cette carte pour vous rapeller votre promesse en l'an 2000 de permettre à tous les garçons et les filles du monde d'aller à l'école. Merci de tenir votre promesse.
Message d'Alexandre :
Monsieur le Président de la République,
Je vous écris pour vous rappeler une promesse : que toutes les filles et tous les garçons du monde aillent à l'école obligatoirement.
Merci de votre attention.
Message de Tanja :
Monsieur le Président de la République,
Je vous rappelle votre promesse "permettre à tous les garçons et les filles du monde entier d'aller à l'école." Les enfants défavorisés y comptent.
Je vous remercie de penser à votre promesse.
Message d'Alexandre:
Monsieur le Président, Je vous rappelle que vous vous êtes engagé pour permettre à tous les garçons et filles du monde en entier d'aller à l'école.
Je vous remercie de la part de tous les enfants.